CPCS Int.

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Je sais, je sais. J’avais dis que je publierai un nouvel article rapidement. Mais que voulez vous, les événements n’ont pas été en ma faveur ! J’ai d’abord du déménager à Godawari, un village à 18km de Katmandou, durant deux semaines, et sans accès à Internet .. Pas facile pour publier ! Puis j’ai été très occupée, le temps a filé. Et il y a eu le séisme.

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Mais je ne souhaite pas m’attarder dessus pour le moment. J’en parlerai, sûrement, dans un prochain article. Quand je me sentirai prête et que je trouverai les bons mots. Et si j’en ai toujours envie !

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Pour l’instant, je souhaiterais aborder la question qui m’a tant été posée. « Mais au fait, tu fais quoi au Népal ? » Je suis donc partie à Katmandou dans le cadre de mon stage de troisième année en école de communication. Bettina, une amie rencontrée à l’école, était stagiaire dans l’association népalaise CPCS Int. l’année dernière durant 6 semaines. Cette expérience l’a profondément marquée, elle est rentrée  changée. J’avais à l’époque suivi ses aventures, qu’elle m’avait racontée en détails à son retour. J’étais dans une période où j’avais moi aussi envie d’évasion, fatiguée par ma routine, le stress des projets, des examens, des résultats. Elle m’a donc mise en contact avec la responsable des volontaires et stagiaires de CPCS et c’est là que mon aventure a débuté.

CPCS Int. de son nom complet Children Protection Center and Services, est une association népalaise créée et dirigée par un belge, Jean-Christophe Ryckmans. Elle a été fondée en 2002 suite à un triste constat : chaque année, des centaines d’enfants quittent leur village, volontairement ou non, dans le but de vivre une vie meilleure à Katmandou. Une fois arrivés et livrés à eux mêmes, ils découvrent vite les difficultés de la rue, avec tous les dangers et abus qui l’accompagnent.

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L’association a donc été créée dans le but d’aider les jeunes présents dans la rue, mais aussi de prévenir leur augmentation. Son travail se fait sur plusieurs plans. La prévention, en intervenant entre autres dans les écoles pour expliquer aux jeunes et aux parents les réalités auxquelles sont confrontés les enfants quittant leur famille pour rejoindre la ville. La réduction des risques, avec une ligne d’urgence ouverte 24/7, un centre médical à disposition, une ambulance qui parcours Katmandou, et des médiateurs sur le terrain, qui recherchent les jeunes, discutent avec eux, et s’occupent de calmer certaines tensions qui peuvent exister entre deux gangs rivaux. Et enfin la réadaptation sociale, un projet sur le long terme, adapté à chaque enfant et à son histoire, pour le réintégrer pleinement et durablement dans la société.

Actuellement, CPCS possède huit centres de recueil dans la vallée de Katmandou, et sept autres dans le reste du Népal. L’organisation aide quotidiennement plus de 850 enfants et près de 500 enfants vivent dans les centres de réadaptation. Grâce à son travail, plus d’un millier d’anciens enfants des rues, ou à risques, vont de nouveau à l’école.

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L’association s’occupe également de la réinsertion de l’enfant dans sa famille, lorsque cela est possible. Dans 90% des cas, les enfants des rues ont au moins un de leur parent encore en vie. 30% d’entre eux vivaient dans une famille unie, possédant assez de ressources pour subvenir à leurs besoins, avec un environnement sain. Ils ont atterri dans la rue sous l’influence de leurs amis, une envie d’aventure ou d’indépendance. Pour eux, retrouver leur famille est souvent chose aisée. Quant à ceux qui sont partis pour fuir la violence  ou l’addiction d’un parent, la pauvreté ou une situation familiale difficile, c’est un travail encore plus profond qui est effectué. Des médiateurs vont à la rencontre des familles pour identifier le problème et tenter de le régler, lorsque cela est possible. Si la situation est résolue, l’enfant peut retourner dans sa famille, avec un contrôle régulier.

Bien entendu, ce travail n’est effectué qu’avec le consentement total de l’enfant. Chacun a une histoire différente et se retrouve dans la rue pour une raison qui lui est propre. Il s’agit donc de comprendre ce qui l’a amené ici, et de s’adapter à ses désirs. Dans un même temps, peut importe les raisons qui l’ont poussé à partir, sa famille doit être vue comme un partenaire et non comme la source de tous les maux, et c’est pourquoi elle doit prendre part à la discussion.

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Ceux qui ne souhaitent ou ne peuvent rejoindre leurs familles restent dans les centres, vont à l’école, et participent pleinement à la vie en communauté. CPCS tient à responsabiliser les enfants. Par exemple, ce sont eux qui s’occupent de l’approvisionnement en nourriture et de la cuisine. Ils apprennent à gérer le stock, mais aussi à préparer les repas, et à respecter l’hygiène des locaux. Ce sont eux qui nettoient leur chambre et leurs vêtements, mais également qui doivent s’occuper de leur hygiène personnelle. C’est à eux de prendre conscience de leur manque d’hygiène et de décider de se laver.

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L’association propose également un système d’épargne pour les enfants. Dans la « Street Child Bank », ils ont la possibilité de déposer leur argent, et de le retirer lorsqu’ils le souhaitent, ce qui participe encore à leur responsabilisation. Les intérêts sont très intéressants : à partir du dépôt ils obtiennent un t-shirt, de 10 semaines 10% d’intérêts et un short, de 20 semaines 15% et un pantalon, et de 30 semaines 20% d’intérêts.

Malgré leur passé difficile, ils restent des enfants. Le but n’est pas d’en faire des adultes de façon précoce. C’est aussi pour ça qu’entrent en jeu les volontaires. Avec Charlotte, Pauline, Amandine et Elise (vous me manquez les copines), nous travaillions dans les différents centres de Katmandou auprès des enfants. Nous servions à les accompagner dans leur réinsertion sociale, en les éduquant par le jeu et les activités. Peinture, échecs, UNO (ils adorent ça et ont des règles très…personnelles !), dessin, chant, danse, football, ping-pong, tout est bon pour les divertir. Les népalais ont un rapport très fort avec l’art en général, et cela se ressent chez les enfants. Pas une journée ne passe sans qu’on les entende chanter ou danser. Et certains ont de vrais talents ! Mais ça, j’en parlerais dans un autre article (je le jure) (promis)

Maintenant que vous avez une vision globale du travail de CPCS, vous pouvez également visiter leur blog qui est très régulièrement mis à jour, avec des nouvelles de la vie dans les différents centres, mais aussi sur leur aide aux habitants après le séisme.

N’oubliez pas que vous pouvez toujours faire un don sur leur site, ou sur le Pot Commun que j’ai créé.  (Tous les bénéfices iront à l’association)

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